L'autre versant
L'autre versant
L’œuvre du temps nous parle du destin érodé des souvenirs. De leur effacement progressif, de leur déplacement et de leur dissémination. Du temps qui sédimente et de la mémoire qui stratifie. Des traces qui subsistent, indices dérisoires de nos passés décomposés, ce tout-à-la-ferraille de nos existences. Mais nulle nostalgie ici, n’incriminons pas le temps, les années révolues n’ont rien vaincu. L’empreinte sensible qui témoigne de ce qui a été palpite encore. Elle n’a pas disparu, seulement une transformation par un jeu de résonances enchâssées. Le souvenir s’élabore par l’opiniâtre dépôt silencieux des couches infimes, alluvionnaires, de la mémoire qui à la fois le recouvre et lui donne corps, l’opacifie et le manifeste. Son enfouissement est son mausolée. Altération et révélation s’avouent les avatars d’une ancestrale gémellité. C’est autour de ce paradoxe que se déplie et se replie la lente méditation de L’œuvre du temps. Le souvenir est dans le temps et hors du temps, éphémère et éternel, comme le suggère l’articulation répétée de l’organique et du géologique dans les images d’Emmanuelle Becker.
(extrait de la préface de Patrice Galiana, du livre L'œuvre du temps).
L’œuvre du temps nous parle du destin érodé des souvenirs. De leur effacement progressif, de leur déplacement et de leur dissémination. Du temps qui sédimente et de la mémoire qui stratifie. Des traces qui subsistent, indices dérisoires de nos passés décomposés, ce tout-à-la-ferraille de nos existences. Mais nulle nostalgie ici, n’incriminons pas le temps, les années révolues n’ont rien vaincu. L’empreinte sensible qui témoigne de ce qui a été palpite encore. Elle n’a pas disparu, seulement une transformation par un jeu de résonances enchâssées. Le souvenir s’élabore par l’opiniâtre dépôt silencieux des couches infimes, alluvionnaires, de la mémoire qui à la fois le recouvre et lui donne corps, l’opacifie et le manifeste. Son enfouissement est son mausolée. Altération et révélation s’avouent les avatars d’une ancestrale gémellité. C’est autour de ce paradoxe que se déplie et se replie la lente méditation de L’œuvre du temps. Le souvenir est dans le temps et hors du temps, éphémère et éternel, comme le suggère l’articulation répétée de l’organique et du géologique dans les images d’Emmanuelle Becker.
(extrait de la préface de Patrice Galiana, du livre L'œuvre du temps).