L'œuvre du temps
Géologie sensible : 2025 - 168cm x 160cm - œuvres uniques tirées sur du dos blanc et papier calque, en panneaux assemblés,
Présentée en octobre 2025 dans le cadre de l'exposition L'œuvre du temps
Présentée en octobre 2025 dans le cadre de l'exposition L'œuvre du temps
L’œuvre du temps nous parle du destin érodé des souvenirs. De leur effacement progressif, de leur déplacement et de leur dissémination. Du temps qui sédimente et de la mémoire qui stratifie. Des traces qui subsistent, indices dérisoires de nos passés décomposés, ce tout-à-la-ferraille de nos existences. Mais nulle nostalgie ici, n’incriminons pas le temps, les années révolues n’ont rien vaincu. L’empreinte sensible qui témoigne de ce qui a été palpite encore. Elle n’a pas disparu, seulement une transformation par un jeu de résonances enchâssées. Le souvenir s’élabore par l’opiniâtre dépôt silencieux des couches infimes, alluvionnaires, de la mémoire qui à la fois le recouvre et lui donne corps, l’opacifie et le manifeste. Son enfouissement est son mausolée. Altération et révélation s’avouent les avatars d’une ancestrale gémellité. C’est autour de ce paradoxe que se déplie et se replie la lente méditation de L’œuvre du temps. Le souvenir est dans le temps et hors du temps, éphémère et éternel, comme le suggère l’articulation répétée de l’organique et du géologique dans les images d’Emmanuelle Becker.
(extrait de la préface de Patrice Galiana, du livre L'œuvre du temps).
(extrait de la préface de Patrice Galiana, du livre L'œuvre du temps).
L’œuvre du temps speaks to us of the eroded destiny of memories — of their gradual fading, their displacement, and their dissemination. Of time that sediments and memory that stratifies. Of the traces that remain, fragile clues to our decomposed pasts, the scrap-heap of our existences. Yet there is no nostalgia here; let us not accuse time — the passing years have conquered nothing. The sensitive imprint that bears witness to what has been still trembles. It has not disappeared, only transformed through a play of embedded resonances. Memory takes shape through the stubborn, silent accumulation of infinitesimal, alluvial layers that both cover it and give it substance, obscure it and reveal it. Its burial is its mausoleum. Alteration and revelation confess themselves as the avatars of an ancestral twinship. It is around this paradox that the slow meditation of The Work of Time unfolds and folds back upon itself. Memory exists within time and outside it, ephemeral and eternal, as suggested by the recurring interplay between the organic and the geological in Emmanuelle Becker’s images.
(Excerpt from the preface by Patrice Galiana, from the book The Work of Time*.)*
(Excerpt from the preface by Patrice Galiana, from the book The Work of Time*.)*